"C'est deja arrive."
On quitte le pays des hommes integres. Les larmes ont coule beaucoup. Pas assez, a vrai dire.
Je croyais que les pleurs etaient la partie la plus dure a supporter lors des departs, mais ca bloquait. Il y a pire que les larmes. Les yeux tristes et pleins de silence d'un burkinabe. La nostalgie au bord des levres et les souvenirs en conserve. Ouh la la. J'ai l'coeur gros comme le monde.
C'est dur de partir. J'ai mal en-dedans d'avoir aime trop fort et pas assez longtemps. D'avoir aime des gens outre-mer. J'ai l'coeur gros comme le monde, eparpille sur deux continents.
Il y a Kassoum, Alice, Marcelin, papa et maman Kabre qui me tapissent l'esprit. Ca va me manquer. Je n'ose meme pas y penser. Je sens deja venir l'ennui me fracasser les tempes comme un dix-roues d'anecdotes.
J'ai l'coeur gros comme le monde, eparpille sur deux continents, pret a s'etendre encore plus loin, a saigner encore plus fort.
On repart ou, on repart quand, maintenant ?
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