Je cherche les mots, mais y'a rien qui sort.
C'est comme si j'étais imbibée du Burkina, comme si la vie africaine s'était sournoisement imprégnée en moi.
Je voudrais écrire des pages, des romans complets. Je voudrais vous dessiner dans le sable rouge pour que vous voyiez le monde comme je le vois maintenant.
Les phrases sont fades.
Le Burkina se vit, se sent. Le Burkina colore et teinte mon âme, désormais.
Je n'ai pas envie d'écrire.
Je vis. Ca s'arrête là.
*** Anecdotes ***
J'ai tué une salamandre.
Involontairement, certes, mais le résultat reste le même : un cadavre écrapou dans ma poubelle.
Je l'ai écrabouillée dans la penture de ma porte. Mon père était fier de moi: "Bravo ma fille, c'est bien!"
Deux mots : choc culturel.
***
Ce week-end, je fais de la pâte d'arachides avec Alice. Appelez-moi Skippy.
***
10 semaines de coopération internationale au pays des hommes intègres. 10 filles prêtes pour l'aventure.70 jours d'anecdotes, de récits, d'apprentissages et d'échanges. 70 angoisses, 70 bonheurs.2 mois et demi de dépaysement. 2 peuples, 2 cultures.Et un rêve qui éclot au fond de mon coeur...
mercredi 23 mars 2011
jeudi 17 mars 2011
Des bribes burkinabè
Etat d'âme
Plus que 20 jours.J'ai hâte de manger du fromage en grains, d'aller danser au Vox, de revoir les amis et la famille. J'ai hâte d'avoir froid.
Mais j'ai tout sauf hâte de quitter mon Burkina Faso. De dire adieu à ceux qui sont rapidement devenus ma famille africaine. De pleurer. D'être triste, ce sentiment que j'ai carrément oublié depuis deux mois.
C'est beau et cruel à la fois, être chez-soi des deux côtés de l'océan.
Nazinga
La fin de semaine dernière, nous nous sommes rendues au parc de Nazinga pour faire un safari. Un VRAI safari.Dix filles assises sur le top d'une camionnette, on a traversé le parc et sa route en dents de scie. Malgré nos coccyx en colère dus à la relation bosses-position assise-barres de fer sur le toit, l'émerveillement et la fébrilité nous illuminaient le visage. On a vu des phacochères, des antilopes, des singes, des babouins et, évidemment, des éléphants.
Les éléphants. Grosses roches grises mouvantes qui nous attendrissent au loin. Des masses sympathiques, des trompes coquines, des grandes oreilles qui s'ouvrent et se ferment avec grâce. Des Babar tout gentils. Des bêtes de cirque amusantes.
Je me trompais.
Les éléphants. Animaux sauvages qui protègent leur territoire. Des masses solides, des trompes alertes, des grandes oreilles qui s'ouvrent en guise de signal pour avertir qu'ils vont nous charger bientôt. Et ils ont chargé.
Heureusement, notre guide connaissait leur comportement et a bien averti le chauffeur d'accélérer pour dépasser la famille de pachydermes en furie. Les bêtes nous ont regardé, ont ouvert leurs oreilles et ont barri fort, si fort que mon tympan a vibré jusque dans mes orteils. Ils se sont mis à avancer devant la camionnette qui avançait de plus en plus vite. Ils étaient là, à presqu'un mètre de nous, leurs grosses pattes silencieuses foulant le sable, prêtes à nous faire basculer.
Dans mon grand esprit mélo-dramatique, j'ai cru frôlé la mort. J'ai senti son souffle sur ma nuque. Je me voyais périr en plein safari, et tout ce que le guide a dit, c'était : "Faites attention à vos appareils photos. Si les éléphants chargent, ils ne tiendront pas le coup." Les filles prenaient la scène en photos ou en vidéos pendant que je répétais, la tête en forme de peur (si la peur avait une forme, c'était bel et bien mon visage à ce moment précis, croyez-moi!), "j'ai pas d'fun là, j'ai vraiment pas d'fun!"
J'allais célébrer l'extrême-onction dans mon for intérieur, mais les fous rires et les exclamations des copines m'ont ramené à la vie.
Je vivais l'un des plus beaux moments de ma vie. J'ai vu des éléphants. Les vrais là, les animaux sauvages.
La bouffe
Je me suis habituée à la nourriture d'ici. Même que j'engraisse, je crois. J'ai hâte de goûter mon riz-sauce, je dévore mes pommes de terre dans la sauce tomate, je déguste mes haricots verts et les cubes de mouton. Mon pain le matin est un délice, surtout lorsqu'Alice me ramène de la pâte d'arachides pour me faire plaisir. Je bois environ 5 litres d'eau par jour, que mon corps expulse en sueurs à 90%.
Ca goûte bon, l'Afrique.
Ca goûte bon, l'Afrique.
Les discussions familiales
Mes parents sont parfaits. Hier, j'ai parlé de sorcellerie avec papa, de football avec Marcelin, de cuisine et de musique avec Alice, de beurre de karité et d'ethnies avec maman. Modeste, le fils des Kabre, est en visite à la maison. Il me pose tout plein de question sur le Canada et se plaît à répondre aux miennes sur le Burkina. On a parlé des différentes saisons, du français, du système scolaire, de la construction des bâtiments, etc.
Bref, on jase en masse.
Le stage se déroule bien. J'ai enregistré une émission de radio mardi et l'ai écoutée en famille le soir même. Maman m'a dit que c'était très bien, que j'avais l'air habituée aux entrevues. Dimitri, le dude de la radio, était satisfait du résultat et a même suggéré à mq coéquipière et moi de devenir journalistes. On a ri toutes les deux, sachant que ce n'était pas notre destinée, surtout avec ce qui se passe dans l'monde, on va s'calmer l'micro. Pour en revenir à l'émission, c'était une expérience géniale. J'ai hâte de vous raconter ça en détails, petites anecdotes en bonus.
La semaine prochaine, le théâtre-forum débute. On fera 7 représentations. J'ai un mini-rôle en mooré. Je vais apprendre les répliques dimanche en pratiquant avec la troupe. Ca se concrétise enfin, nos activités! Hourraaaa!
Cette semaine, c'est la journée de la salubrité. On invite les gens à ramasser les sachets (sacs de plastique) qui traînent sur le sol. Demain, on fait une pesée générale pour savoir qui en a ramassé le plus. Il y aura une cérémonie pour nommer les gagnants et leur distribuer leurs cadeaux le 30 mars.
Désolée du résumé et du manque de détails.
Bref, on jase en masse.
Le stage
Le stage se déroule bien. J'ai enregistré une émission de radio mardi et l'ai écoutée en famille le soir même. Maman m'a dit que c'était très bien, que j'avais l'air habituée aux entrevues. Dimitri, le dude de la radio, était satisfait du résultat et a même suggéré à mq coéquipière et moi de devenir journalistes. On a ri toutes les deux, sachant que ce n'était pas notre destinée, surtout avec ce qui se passe dans l'monde, on va s'calmer l'micro. Pour en revenir à l'émission, c'était une expérience géniale. J'ai hâte de vous raconter ça en détails, petites anecdotes en bonus.
La semaine prochaine, le théâtre-forum débute. On fera 7 représentations. J'ai un mini-rôle en mooré. Je vais apprendre les répliques dimanche en pratiquant avec la troupe. Ca se concrétise enfin, nos activités! Hourraaaa!
Cette semaine, c'est la journée de la salubrité. On invite les gens à ramasser les sachets (sacs de plastique) qui traînent sur le sol. Demain, on fait une pesée générale pour savoir qui en a ramassé le plus. Il y aura une cérémonie pour nommer les gagnants et leur distribuer leurs cadeaux le 30 mars.
Désolée du résumé et du manque de détails.
Le Québec
En arrivant, au cours de la semaine, j'exige :
A dans trois semaines!
Je vous aime!
- du fromage en grains qui fait scouik scouik
- du Tropicana
- des céréales Yog Active
- un roastbeef saignant
- de la salade
- un sandwich moutarde-tomates
- des tostitos avec de la salsa
- de l'amour, de l'affection et des câlins
- des amis qui prennent de mes nouvelles
- de la compréhension si je sais pas quoi répondre à la question : "Pis, ton voyage?"
- une sortie au Vox avec les copains
A dans trois semaines!
Je vous aime!
jeudi 10 mars 2011
Le temps (Cet article est quétaine, vous serez avertis!)
"La vie c'est court, mais c'est long des p'tits boutes."
L'Afrique m'apprend beaucoup.
Le plus bel apprentissage que je fais est par rapport à une notion toute occidentale : le temps.
J'y pense et mon visage devient cascades tellement ce constat m'émeut.
Nous avons le temps. "Avoir" comme dans posséder. Nous sommes maîtres du temps. La différence est grande entre être son esclave ou savoir obéir.
Les minutes coulent entre mes doigts. Les jours glissent contre mes paumes. Il n'en tient qu'à moi de fermer le poing. D'agripper le moment ou de le laisser fuir. De développer les bons réflexes aux bons moments.
Attendre. Courir. C'est selon.
Je réalise qu'attendre est aussi efficace que courir. On s'essouffle moins. Le mieux, c'est de se lever au moment idéal et n'avoir qu'à marcher. C'est ce que m'apprend l'Afrique.
Je relis mon constat et ça me semble si facile. C'est un travail de longue haleine, pourtant, savoir attendre. Sans regarder l'heure, je veux dire. Attendre pour vrai. Attendre sereinement.
Attendre, c'est posséder le temps. C'est le laisser venir à soi.
***
Mais attendez-moi pas trop là, j'arrive bientôt !
L'Afrique m'apprend beaucoup.
Le plus bel apprentissage que je fais est par rapport à une notion toute occidentale : le temps.
J'y pense et mon visage devient cascades tellement ce constat m'émeut.
Nous avons le temps. "Avoir" comme dans posséder. Nous sommes maîtres du temps. La différence est grande entre être son esclave ou savoir obéir.
Les minutes coulent entre mes doigts. Les jours glissent contre mes paumes. Il n'en tient qu'à moi de fermer le poing. D'agripper le moment ou de le laisser fuir. De développer les bons réflexes aux bons moments.
Attendre. Courir. C'est selon.
Je réalise qu'attendre est aussi efficace que courir. On s'essouffle moins. Le mieux, c'est de se lever au moment idéal et n'avoir qu'à marcher. C'est ce que m'apprend l'Afrique.
Je relis mon constat et ça me semble si facile. C'est un travail de longue haleine, pourtant, savoir attendre. Sans regarder l'heure, je veux dire. Attendre pour vrai. Attendre sereinement.
Attendre, c'est posséder le temps. C'est le laisser venir à soi.
***
Mais attendez-moi pas trop là, j'arrive bientôt !
vendredi 4 mars 2011
Touche d'humour
C'est avec aplomb et une coiffure particulièrement hippie que je vous écris.
Il reste un mois jour pour jour à mon périple. J'ai hâte de vous retrouver, mais je dois avouer que je redoute les adieux avec mon beau Burkina. J'apprends, je vis et je respire, ici, sous le ciel d'Afrique.
Sur une note plus ludique, je vous ai concocté un bel article sur l'intégration en Afrique. Ce sont des faits basés sur de véritables anecdotes qui font de notre un stage une expérience inoubliable. J'ignore si vous avez déjà lu le magazine Safarir, mais je me suis inspirée d'une de leurs chroniques.
Bonne lecture!
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu t'épates de voir des gens accrochés derrière les camionnettes.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu rigoles de voir un homme caché dans la soute à bagages d'un autobus pour se rendre à destination.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu fais toi-même deux heures de routes dans une camionnette 15 passagers... avec 30 passagers.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu goûtes au tô (plat typique à base de maïs) avec ta fourchette.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu manges le tô avec tes mains.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu déjeunes avec le tô.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu découvres les différents riz-sauce.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu manges ton riz sans la sauce pour le bien de ton estomac.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais reconnaître les différentes sauces et tu sais laquelle tu préfères.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu es heureuse de te promener à vélo en admirant le paysage.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... ta chaîne de vélo casse, tu tombes dans le fossé ou ta jupe reste prise dans la chaîne.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais que ton mécano s'appelle Pierre.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu t'achètes des Pringles BBQ au marché d'alimentation générale.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu t'achètes des arachides grillées, des mangues et des oranges les jours de marché.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais pas le nom de ce que tu achètes, mais ça goûte bon.
Tu apprivoises l'Afrique quand... t'as peur d'aller au trou la nuit.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu fais la rencontre d'une chauve-souris au trou la nuit.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu es contente pour Moumoute, la dite chauve-souris que tu as baptisée, parce qu'elle s'est fait un copain chauve-souris dans le trou.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu écoutes les feuilletons "L'histoire d'une vie" et "La longue attente".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu racontes le dernier épisode aux autres stagiaires qui ont manqué l'émission.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu écoutes les rediffusions avec ta famille en disant les répliques par-dessus les personnages.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu écoutes "Des mots et des maths", l'équivalent de "Des chiffres et des lettres".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu trouves des mots de plus de 5 lettres, tout en commentant la coiffure de l'animatrice.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu crois reconnaître l'animatrice de l'émission dans les rues de Ouaga.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te réveilles à 5h du matin à cause du coq.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu te réveilles juste avant 5h pour réveiller le coq par pure vengeance.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu te réveilles à 5h du matin parce que tu digères mal le coq que tu as mangé pour souper.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu arrêtes ton vélo pour laisser traverser les chèvres dans la rue.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu klaxonnes et te déplaces vers la droite pour éviter les chèvres.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu cries "Salut biquettes!" sans te préoccuper des chèvres puisque tu sais qu'elles vont se tasser de ton chemin.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu éponges avec classe ton front en sueur.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu sues du pli de coude, du pli de genou et tes pantalons sont trempes lorsque tu te lèves après avoir été longtemps assise.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu songes à t'ouvrir une usine de production de sébum avec ton visage.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu sais dire "Nei zaabre" et "Laafi".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu réponds "Zakramba, laafi beeme, la gnamba?" aux gens sur la rue.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu pars suivre un cours de mooré le samedi matin.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te fais appeler "nassara".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu te fais appeler "la blanche".
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu te fais appeler par ton nom burkinabé.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu appelles tes parents Monsieur et madame.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu dis papa, maman, et tes parents t'appellent leur fille.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu es invitée à un party de famille le samedi soir.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu ris en écoutant une émission indienne genre Bollywood.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu vas te louer un film Bollywood.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu connais les danses du film par coeur.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu bois du Nestea au déjeuner.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... Kassoum nous prépare le thé en après-midi.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu t'achètes des théières pour apprendre la cérémonie du thé.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu écoutes la télé tranquille avec tes frères et soeurs.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu joues aux cartes avec eux.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu gagnes ta troisième partie de "waré" avec eux.
Tu apprivoises l'Afrique quand... ta soeur te joue dans les cheveux.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... la coiffeuse te tresse la tête.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... les passants t'arrêtent pour te dire que tes nattes sont jolies.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te rends compte que tout le monde ou presque a un cellulaire.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... ta famille d'accueil te donne un cellulaire.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu vas t'acheter des unités airtel au marché en causant avec le gars des cellulaires.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu t'achètes des pagnes.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu fais coudre tes pagnes.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... ton père te dit que ton nouvel habit est "bien moulé".
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te mets de la crème solaire 70 par précaution.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu te beurres le corps de pommade de karité.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... "Watkins" est ton nouveau parfum de soirée.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu restes bouche bée devant les enfants qui te serrent la main.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu t'approches toi-même des enfants parce que tu sais qu'ils vont venir te voir de toute façon.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu les appelles affectueusement "ti-coune", "ti-loup" ou "tout p'tit" en leur serrant la main.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te perds dans le marché.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu découvres les différents chemins possibles pour rentrer à la maison.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu connais les raccourcis et les endroits où tu préfères circuler.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu sors danser à la discothèque du coin, le Majesty, avec ton frère ou ta sœur.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... les Mangalais te disent qu'ils t'ont vue danser au Majesty.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu connais l'enchaînement des chansons du DJ par coeur (Waka Waka suivi de Wavin' Flag, évidemment!).
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu fais la tournée des autorités, dont la police municipale.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... la police veut embarquer sur ton guidon de vélo pour une petite ride
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais que la police porte des sous-vêtements de Mickey Mouse assortis avec ses bas.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu regardes les enfants danser avec émerveillement.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu danses avec les enfants pour rigoler.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu fais un concours de danse devant 300 burkinabè.
Tu apprivoises l'Afrique quand... prendre ta douche est une expérience.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... prendre ta douche est une nécessité.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... prendre ta douche est une jouissance.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te fais avoir en payant tes pagnes trop chers.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu t'obstines pour ne pas payer un prix "nassara".
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... ta famille d'accueil te dit que tu as eu un bon prix grâce à tes négociations.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te fais dire "je t'aime" par des inconnus.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu réponds "non' à la question "Est-ce que je peux te faire la cour?".
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais refuser avec humour les demandes en mariage.
***
C'est ça qui est ça.
Sinon, je vais bien, très bien. J'écris beaucoup dans mon journal pour me rappeler de toutes les anecdotes. J'ai hâte de tout vous raconter à mon retour. Ma promesse tient toujours: un article par jour de stage.
Nindaré !
Kawara xox
Il reste un mois jour pour jour à mon périple. J'ai hâte de vous retrouver, mais je dois avouer que je redoute les adieux avec mon beau Burkina. J'apprends, je vis et je respire, ici, sous le ciel d'Afrique.
Sur une note plus ludique, je vous ai concocté un bel article sur l'intégration en Afrique. Ce sont des faits basés sur de véritables anecdotes qui font de notre un stage une expérience inoubliable. J'ignore si vous avez déjà lu le magazine Safarir, mais je me suis inspirée d'une de leurs chroniques.
Bonne lecture!
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu t'épates de voir des gens accrochés derrière les camionnettes.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu rigoles de voir un homme caché dans la soute à bagages d'un autobus pour se rendre à destination.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu fais toi-même deux heures de routes dans une camionnette 15 passagers... avec 30 passagers.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu goûtes au tô (plat typique à base de maïs) avec ta fourchette.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu manges le tô avec tes mains.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu déjeunes avec le tô.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu découvres les différents riz-sauce.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu manges ton riz sans la sauce pour le bien de ton estomac.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais reconnaître les différentes sauces et tu sais laquelle tu préfères.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu es heureuse de te promener à vélo en admirant le paysage.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... ta chaîne de vélo casse, tu tombes dans le fossé ou ta jupe reste prise dans la chaîne.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais que ton mécano s'appelle Pierre.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu t'achètes des Pringles BBQ au marché d'alimentation générale.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu t'achètes des arachides grillées, des mangues et des oranges les jours de marché.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais pas le nom de ce que tu achètes, mais ça goûte bon.
Tu apprivoises l'Afrique quand... t'as peur d'aller au trou la nuit.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu fais la rencontre d'une chauve-souris au trou la nuit.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu es contente pour Moumoute, la dite chauve-souris que tu as baptisée, parce qu'elle s'est fait un copain chauve-souris dans le trou.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu écoutes les feuilletons "L'histoire d'une vie" et "La longue attente".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu racontes le dernier épisode aux autres stagiaires qui ont manqué l'émission.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu écoutes les rediffusions avec ta famille en disant les répliques par-dessus les personnages.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu écoutes "Des mots et des maths", l'équivalent de "Des chiffres et des lettres".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu trouves des mots de plus de 5 lettres, tout en commentant la coiffure de l'animatrice.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu crois reconnaître l'animatrice de l'émission dans les rues de Ouaga.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te réveilles à 5h du matin à cause du coq.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu te réveilles juste avant 5h pour réveiller le coq par pure vengeance.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu te réveilles à 5h du matin parce que tu digères mal le coq que tu as mangé pour souper.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu arrêtes ton vélo pour laisser traverser les chèvres dans la rue.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu klaxonnes et te déplaces vers la droite pour éviter les chèvres.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu cries "Salut biquettes!" sans te préoccuper des chèvres puisque tu sais qu'elles vont se tasser de ton chemin.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu éponges avec classe ton front en sueur.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu sues du pli de coude, du pli de genou et tes pantalons sont trempes lorsque tu te lèves après avoir été longtemps assise.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu songes à t'ouvrir une usine de production de sébum avec ton visage.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu sais dire "Nei zaabre" et "Laafi".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu réponds "Zakramba, laafi beeme, la gnamba?" aux gens sur la rue.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu pars suivre un cours de mooré le samedi matin.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te fais appeler "nassara".
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu te fais appeler "la blanche".
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu te fais appeler par ton nom burkinabé.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu appelles tes parents Monsieur et madame.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu dis papa, maman, et tes parents t'appellent leur fille.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu es invitée à un party de famille le samedi soir.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu ris en écoutant une émission indienne genre Bollywood.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu vas te louer un film Bollywood.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu connais les danses du film par coeur.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu bois du Nestea au déjeuner.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... Kassoum nous prépare le thé en après-midi.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu t'achètes des théières pour apprendre la cérémonie du thé.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu écoutes la télé tranquille avec tes frères et soeurs.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu joues aux cartes avec eux.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu gagnes ta troisième partie de "waré" avec eux.
Tu apprivoises l'Afrique quand... ta soeur te joue dans les cheveux.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... la coiffeuse te tresse la tête.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... les passants t'arrêtent pour te dire que tes nattes sont jolies.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te rends compte que tout le monde ou presque a un cellulaire.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... ta famille d'accueil te donne un cellulaire.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu vas t'acheter des unités airtel au marché en causant avec le gars des cellulaires.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu t'achètes des pagnes.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu fais coudre tes pagnes.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... ton père te dit que ton nouvel habit est "bien moulé".
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te mets de la crème solaire 70 par précaution.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu te beurres le corps de pommade de karité.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... "Watkins" est ton nouveau parfum de soirée.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu restes bouche bée devant les enfants qui te serrent la main.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu t'approches toi-même des enfants parce que tu sais qu'ils vont venir te voir de toute façon.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu les appelles affectueusement "ti-coune", "ti-loup" ou "tout p'tit" en leur serrant la main.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te perds dans le marché.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu découvres les différents chemins possibles pour rentrer à la maison.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu connais les raccourcis et les endroits où tu préfères circuler.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu sors danser à la discothèque du coin, le Majesty, avec ton frère ou ta sœur.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... les Mangalais te disent qu'ils t'ont vue danser au Majesty.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu connais l'enchaînement des chansons du DJ par coeur (Waka Waka suivi de Wavin' Flag, évidemment!).
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu fais la tournée des autorités, dont la police municipale.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... la police veut embarquer sur ton guidon de vélo pour une petite ride
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais que la police porte des sous-vêtements de Mickey Mouse assortis avec ses bas.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu regardes les enfants danser avec émerveillement.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu danses avec les enfants pour rigoler.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu fais un concours de danse devant 300 burkinabè.
Tu apprivoises l'Afrique quand... prendre ta douche est une expérience.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... prendre ta douche est une nécessité.
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... prendre ta douche est une jouissance.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te fais avoir en payant tes pagnes trop chers.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu t'obstines pour ne pas payer un prix "nassara".
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... ta famille d'accueil te dit que tu as eu un bon prix grâce à tes négociations.
Tu apprivoises l'Afrique quand... tu te fais dire "je t'aime" par des inconnus.
Tu t'habitues à l'Afrique quand... tu réponds "non' à la question "Est-ce que je peux te faire la cour?".
Tu es bien intégrée à l'Afrique quand... tu sais refuser avec humour les demandes en mariage.
***
C'est ça qui est ça.
Sinon, je vais bien, très bien. J'écris beaucoup dans mon journal pour me rappeler de toutes les anecdotes. J'ai hâte de tout vous raconter à mon retour. Ma promesse tient toujours: un article par jour de stage.
Nindaré !
Kawara xox
Inscription à :
Articles (Atom)