Tiens, d'emblée, des citations de Nicolas Bouvier. Parce qu'elles sont inspirantes, vraies, et qu'elles prennent tout leur sens à quelques heures de mon premier voyage. Aussi parce que je n'ai plus de mots, mon sang n'est qu'émotion. J'aurais aimé écrire cela. Mais j'ai mieux encore, je vais le vivre. Avec 9 filles extraordinaires, en plus.
"On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme et d'anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels." - Le Poisson Scorpion
"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas a prouver qu'il se suffit à lui-meme. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt, c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait." - L'Usage du monde
"Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs." - L'Usage du monde
***
Et les filles, je ne vous les ai pas présentées!
Il y a Anabelle, l'accompagnatrice. Une belle grande blonde qui chante la vie, qui danse la vie, qui n'est qu'amour. C'est notre pilier, notre épaule, notre punching bag au besoin. Sa franchise et son humanité font d'elle une femme rayonnante.
Il y a Manue, la vieille branche. Elle a de grosses jambes, elle est solide dans la vie. Y'a pas à dire, elle est "groundée". Et elle sait nous grounder avec sa sagesse et ses conseils... son humour, surtout. Jongleuse à ses heures, c'est la doyenne du groupe, mais dont le coeur ne vieillit pas.
Il y a Émilie, une autre belle grande blonde qui sourit à la vie. Organisée, généreuse, tout est toujours "top shape" auprès d'elle. Ses yeux vifs, complices, inspirent la joie. Son intelligence me rassure. Elle a l'Afrique au coeur depuis qu'elle est toute jeune, elle réalise son rêve dans quelques heures. Elle le mérite tellement.
Il y a Val Pi, l'écolo, la rieuse. Val Pi, mon homologue si on peut dire, elle rit fort, elle rit franc, elle rit tout le temps. Elle nous fait rire. Elle est forte et travaillante, elle fonce dans la vie sans hésiter. Elle a l'environnement et le plein air à coeur, autant que le plaisir. Elle est à l'écoute et inspire confiance. C'est un roc dans la tempête.
Il y a Marilyn, notre petit ours adorable. Mignonne, attachante, on a juste le goût de prendre ses joues et de les pincer en riant. C'est ma partenaire de vol Bagotville-Montréal et je me sens choyée de l'avoir près de moi. Elle est relax, rigolote et tellement rafraîchissante. Ah oui, c'est une fille de St-Gédéon, en plus.
Il y a Jessica, la femme du monde. La battante, la militante, celle qui croit en la vie, celle qui marche droit vers ses rêves. Elle adore les enfants et les enfants l'adorent, évidemment. Dynamique, cultivée, curieuse, j'admire son oeil fixe, sa tête haute.
Il y a Marie-Ève, la merveilleuse, le rayon de soleil. Celle-là, c'est mon amie depuis un petit bout déjà. Quelle chance de partager cette aventure avec elle, avec ses grands yeux émerveillés et ses milliers de questions! Je suis heureuse qu'elle se soit embarquée avec moi dans ce grand périple. Je suis encore plus heureuse de la voir aussi vivante, électrisante. Théâtrale jusqu'au bout des orteils, voyager avec merveilleuse, c'est un jeu. Et un jeu l'fun, hourra, youppi!
Il y a Camille, la "slacker", la zen, la simple. C'est une eau calme, une brise fraîche, un baume sur nos angoisses et excitations. Elle aime que ce soit simple, en fait, avec elle, c'est TOUJOURS simple. "Pourquoi ça devrait être compliqué?", elle dit parfois. Wow. Ça m'impressionne, cette force tranquille, cette façon silencieuse de tout régler. Autonome, débrouillarde, c'est une fille discrète et profonde qu'on se plaît à découvrir.
Il y a Charlotte, la gourmande, l'indépendante, la courageuse. Charlotte, elle donne sans compter, elle aime inconditionnellement, elle écoute, elle apprivoise. C'est un petit corps qui déborde d'affection et d'espoir, des yeux brillants qui regardent haut vers la vie. C'est du bonheur à profusion.
Il y a moi, finalement. Avec toutes mes craintes, mes doutes, ma vulnérabilité.
Il y a moi qui ne sais pas trop pourquoi, qui ne sais pas trop tout court, mais qui grandis déjà.
Il y a moi entourée de ces elles, il y a moi qui fais confiance.
Il y aura moi dans 3 mois. J'ai bien hâte.
Je fonce. J'ai peur, j'ai hâte, mais j'y vais. Entièrement.
Maman me disait souvent que j'étais quelqu'un d'entière. Les fractions, ça ne me connaît pas. Les décimales non plus. Alors je plongerai les yeux fermés et sans retenue.
10 semaines de coopération internationale au pays des hommes intègres. 10 filles prêtes pour l'aventure.70 jours d'anecdotes, de récits, d'apprentissages et d'échanges. 70 angoisses, 70 bonheurs.2 mois et demi de dépaysement. 2 peuples, 2 cultures.Et un rêve qui éclot au fond de mon coeur...
mercredi 26 janvier 2011
Une journée de moins à Ouagadougou.
Salut groupe!
Juste un petit message pour avertir que suite à des problèmes de vol, notre avion a dû faire demi-tour. Je me trouve donc à l'hôtel jusqu'à 4h cet après-midi, puis reprends un vol Mtl-Paris à 19h45.
Arrivée à Ouaga prévue pour 17h45 demain. C'est à dire 12h45 heure du Québec.
J'ai hâte. Nous venons tout juste d'appeler Anabelle, notre accompagnatrice, et elle nous attend avec impatience.
Je ne connais pas la fréquence à laquelle je pourrai bloguer. Je me suis fixée comme objectif de vous mettre à jour une fois par semaine.
Je vous traîne avec moi, mais pas trop. Je dois bien profiter de mon Burkina Faso, et c'est la tête légère que je dois le faire.
Pensez à moi demain... quand je serai à la chaleur.
Valérie
Juste un petit message pour avertir que suite à des problèmes de vol, notre avion a dû faire demi-tour. Je me trouve donc à l'hôtel jusqu'à 4h cet après-midi, puis reprends un vol Mtl-Paris à 19h45.
Arrivée à Ouaga prévue pour 17h45 demain. C'est à dire 12h45 heure du Québec.
J'ai hâte. Nous venons tout juste d'appeler Anabelle, notre accompagnatrice, et elle nous attend avec impatience.
Je ne connais pas la fréquence à laquelle je pourrai bloguer. Je me suis fixée comme objectif de vous mettre à jour une fois par semaine.
Je vous traîne avec moi, mais pas trop. Je dois bien profiter de mon Burkina Faso, et c'est la tête légère que je dois le faire.
Pensez à moi demain... quand je serai à la chaleur.
Valérie
lundi 24 janvier 2011
24 janvier 2011
Demain, c'est le grand jour, le grand départ, la concrétisation de la grande épopée qui se dessine à travers moi depuis quelques mois déjà.
Ça a commencé très vite. Je sirotais un café avec un ami au Temps perdu, lui expliquant mon désintérêt pour mon baccalauréat en création littéraire, mon désir de voyager, de me découvrir. Et ça y était: chercher "coopération internationale Québec" sur Google.
Le lendemain, assise dans ma classe à l'université, je vivotais entre mes notes Word et le site de Québec sans frontières (désolée maman, il m'arrive d'être indisciplinée). Je lisais TOUS les stages offerts et, juste avnt que la professeure annonce la pause, mon coeur s'est activé violemment dans ma cage thoracique. Manga, opération ville propre et en santé, offert par le CSI du Saguenay Lac-St-Jean. Un stage universel en environnement au Burkina Faso, en association avec Weog La Viim. Un voyage enrichissant où l'on fait des tournées dans les écoles et les marchés publics, où l'on travaille avec une troupe de théâtre locale, où l'on entreprend des corvées collectives. WOW! 10 semaines dans une famille burkinabé, en plus. Merci CSI, merci QSF, merci Weog, merci la vie!
Les élèves pullulaient, donc, vers la sortie, en prenant bien soin d'étendre leurs connaissances au passage. Je planais, entre plusieurs références pédantes d'auteurs classiques et quelques opinions bâclées sur le Roman de Renart. Pas de pause pour aujourd'hui. J'ai ouvert hotmail, j'ai écrit à mes merveilleux parents. Quelques minutes plus tard, je recevais approximativement:
De fil en aiguille, paperasse après paperasse, ma poigne se raidissait. Mon Burkina reposait au creux de ma paume et je le touchais presque. Le CSI m'a convoquée à l'entrevue de groupe, suivie d'une entrevue individuelle. Je suis partie en angoissant avec mon Chumidou à l'époque et me suis retrouvée devant le Centre avec 10 autres personnes. C'était absolument génial, enlevant, enivrant. Ça allait bon train... jusqu'à l'entrevue individuelle. La bouche sèche, les mains moites, j'articulais nerveusement des réponses qui me semblaiet absurdes. Les mots s'entrechoquaient sous la langue, la peur et l'espoir fasiant d emoi une bien piêtre interlocutrice. Finalement, je suis sortie du bureau en cachant mes larmes et j'ai couru dansles bras de ma tête frisée d'amoureux.
Je pleurais, je hurlais, je croyais qu j'avais tout gâché. Nous avons repassé le questions une à une; moi en braillant ma vie, lui en riant la sienne. Il s'esclaffait et j'enrageais. Il m'a pris tendremen la main en disant : "Tes réponses sont excellentes, ma chérie. C'est en plein toi qu'ils recherchent. Moi, j'suis sûr que t'as été parfaite!" Bin oui Chumidou, on dirait que t'avais raison. Merci d'avoir été là, c'était précieux.
[Bon, je dérape. Excusez ce long prélude. J'achève, inquiétez-vous pas!]
Ensuite se sont enchaînées les formations et les amitiés. Parce que je ne suis pas seule dans cette belle histoire. Quand on s'embarque as une telle aventure,la peur nous talonne, nous empoigne et l'impuissance paralyse nos membres. Mais quel soulagement, quel bonheur de traverser tout ça avec neuf merveilleuses femmes. C'est une richesse infinie que de les côtoyer. C'est un puits sans fonds de soutien et d'amour, une terre québécois sous le ciel d'Afrique. Avec elles, je me sens bien, je me sens forte.
Et voilà. DEMAIN.
J'y suis. Mon Burkina au bout des doigts. J'ai si hâte d'y toucher.
__________
Et tiens donc, en terminant. Merci à ma famille et mes amis. Merci à tous pour vos beaux messages d'encouragement, pour votre amour inconditionnel.
Je me sens toute petite à travers tout ça. 5 pieds de vulnérabilité. Mais vous me rendez grande, et je vous en remercie.
À bientôt! Je vous aime.
Valérie
Ça a commencé très vite. Je sirotais un café avec un ami au Temps perdu, lui expliquant mon désintérêt pour mon baccalauréat en création littéraire, mon désir de voyager, de me découvrir. Et ça y était: chercher "coopération internationale Québec" sur Google.
Le lendemain, assise dans ma classe à l'université, je vivotais entre mes notes Word et le site de Québec sans frontières (désolée maman, il m'arrive d'être indisciplinée). Je lisais TOUS les stages offerts et, juste avnt que la professeure annonce la pause, mon coeur s'est activé violemment dans ma cage thoracique. Manga, opération ville propre et en santé, offert par le CSI du Saguenay Lac-St-Jean. Un stage universel en environnement au Burkina Faso, en association avec Weog La Viim. Un voyage enrichissant où l'on fait des tournées dans les écoles et les marchés publics, où l'on travaille avec une troupe de théâtre locale, où l'on entreprend des corvées collectives. WOW! 10 semaines dans une famille burkinabé, en plus. Merci CSI, merci QSF, merci Weog, merci la vie!
Les élèves pullulaient, donc, vers la sortie, en prenant bien soin d'étendre leurs connaissances au passage. Je planais, entre plusieurs références pédantes d'auteurs classiques et quelques opinions bâclées sur le Roman de Renart. Pas de pause pour aujourd'hui. J'ai ouvert hotmail, j'ai écrit à mes merveilleux parents. Quelques minutes plus tard, je recevais approximativement:
"Salut cocotte,L'aventure commençait. J'avais une portion d'Afrique entre les mains et je ne devais pas l'échapper. Le rêve devenait réalité.
Ça te ressemble beaucoup, ce stage. Si vraiment tu es intéressée,
commence tes démarches pour t'inscrire. J'en parle avec ton père ce
soir. Fonce, ma belle.Maman"
De fil en aiguille, paperasse après paperasse, ma poigne se raidissait. Mon Burkina reposait au creux de ma paume et je le touchais presque. Le CSI m'a convoquée à l'entrevue de groupe, suivie d'une entrevue individuelle. Je suis partie en angoissant avec mon Chumidou à l'époque et me suis retrouvée devant le Centre avec 10 autres personnes. C'était absolument génial, enlevant, enivrant. Ça allait bon train... jusqu'à l'entrevue individuelle. La bouche sèche, les mains moites, j'articulais nerveusement des réponses qui me semblaiet absurdes. Les mots s'entrechoquaient sous la langue, la peur et l'espoir fasiant d emoi une bien piêtre interlocutrice. Finalement, je suis sortie du bureau en cachant mes larmes et j'ai couru dansles bras de ma tête frisée d'amoureux.
Je pleurais, je hurlais, je croyais qu j'avais tout gâché. Nous avons repassé le questions une à une; moi en braillant ma vie, lui en riant la sienne. Il s'esclaffait et j'enrageais. Il m'a pris tendremen la main en disant : "Tes réponses sont excellentes, ma chérie. C'est en plein toi qu'ils recherchent. Moi, j'suis sûr que t'as été parfaite!" Bin oui Chumidou, on dirait que t'avais raison. Merci d'avoir été là, c'était précieux.
[Bon, je dérape. Excusez ce long prélude. J'achève, inquiétez-vous pas!]
Ensuite se sont enchaînées les formations et les amitiés. Parce que je ne suis pas seule dans cette belle histoire. Quand on s'embarque as une telle aventure,la peur nous talonne, nous empoigne et l'impuissance paralyse nos membres. Mais quel soulagement, quel bonheur de traverser tout ça avec neuf merveilleuses femmes. C'est une richesse infinie que de les côtoyer. C'est un puits sans fonds de soutien et d'amour, une terre québécois sous le ciel d'Afrique. Avec elles, je me sens bien, je me sens forte.
Et voilà. DEMAIN.
J'y suis. Mon Burkina au bout des doigts. J'ai si hâte d'y toucher.
__________
Et tiens donc, en terminant. Merci à ma famille et mes amis. Merci à tous pour vos beaux messages d'encouragement, pour votre amour inconditionnel.
Je me sens toute petite à travers tout ça. 5 pieds de vulnérabilité. Mais vous me rendez grande, et je vous en remercie.
À bientôt! Je vous aime.
Valérie
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