10 semaines de coopération internationale au pays des hommes intègres. 10 filles prêtes pour l'aventure.
70 jours d'anecdotes, de récits, d'apprentissages et d'échanges. 70 angoisses, 70 bonheurs.
2 mois et demi de dépaysement. 2 peuples, 2 cultures.
Et un rêve qui éclot au fond de mon coeur...


lundi 24 janvier 2011

24 janvier 2011

Demain, c'est le grand jour, le grand départ, la concrétisation de la grande épopée qui se dessine à travers moi depuis quelques mois déjà.

Ça a commencé très vite. Je sirotais un café avec un ami au Temps perdu, lui expliquant mon désintérêt pour mon baccalauréat en création littéraire, mon désir de voyager, de me découvrir. Et ça y était: chercher "coopération internationale Québec" sur Google.

Le lendemain, assise dans ma classe à l'université, je vivotais entre mes notes Word et le site de Québec sans frontières (désolée maman, il m'arrive d'être indisciplinée). Je lisais TOUS les stages offerts et, juste avnt que la professeure annonce la pause, mon coeur s'est activé violemment dans ma cage thoracique. Manga, opération ville propre et en santé, offert par le CSI du Saguenay Lac-St-Jean. Un stage universel en environnement au Burkina Faso, en association avec Weog La Viim. Un voyage enrichissant où l'on fait des tournées dans les écoles et les marchés publics, où l'on travaille avec une troupe de théâtre locale, où l'on entreprend des corvées collectives. WOW! 10 semaines dans une famille burkinabé, en plus. Merci CSI, merci QSF, merci Weog, merci la vie!

Les élèves pullulaient, donc, vers la sortie, en prenant bien soin d'étendre leurs connaissances au passage. Je planais, entre plusieurs références pédantes d'auteurs classiques et quelques opinions bâclées sur le Roman de Renart. Pas de pause pour aujourd'hui. J'ai ouvert hotmail, j'ai écrit à mes merveilleux parents. Quelques minutes plus tard, je recevais approximativement:

"Salut cocotte,

Ça te ressemble beaucoup, ce stage. Si vraiment tu es intéressée,
commence tes démarches pour t'inscrire. J'en parle avec ton père ce
soir. Fonce, ma belle.
Maman"
L'aventure commençait. J'avais une portion d'Afrique entre les mains et je ne devais pas l'échapper. Le rêve devenait réalité.

De fil en aiguille, paperasse après paperasse, ma poigne se raidissait. Mon Burkina reposait au creux de ma paume et je le touchais presque. Le CSI m'a convoquée à l'entrevue de groupe, suivie d'une entrevue individuelle. Je suis partie en angoissant avec mon Chumidou à l'époque et me suis retrouvée devant le Centre avec 10 autres personnes. C'était absolument génial, enlevant, enivrant. Ça allait bon train... jusqu'à l'entrevue individuelle. La bouche sèche, les mains moites, j'articulais nerveusement des réponses qui me semblaiet absurdes. Les mots s'entrechoquaient sous la langue, la peur et l'espoir fasiant d emoi une bien piêtre interlocutrice. Finalement, je suis sortie du bureau en cachant mes larmes et j'ai couru dansles bras de ma tête frisée d'amoureux.

Je pleurais, je hurlais, je croyais qu j'avais tout gâché. Nous avons repassé le questions une à une; moi en braillant ma vie, lui en riant la sienne. Il s'esclaffait et j'enrageais. Il m'a pris tendremen la main en disant : "Tes réponses sont excellentes, ma chérie. C'est en plein toi qu'ils recherchent. Moi, j'suis sûr que t'as été parfaite!" Bin oui Chumidou, on dirait que t'avais raison. Merci d'avoir été là, c'était précieux.

[Bon, je dérape. Excusez ce long prélude. J'achève, inquiétez-vous pas!]

Ensuite se sont enchaînées les formations et les amitiés. Parce que je ne suis pas seule dans cette belle histoire. Quand on s'embarque as une telle aventure,la peur nous talonne, nous empoigne et l'impuissance paralyse nos membres. Mais quel soulagement, quel bonheur de traverser tout ça avec neuf merveilleuses femmes. C'est une richesse infinie que de les côtoyer. C'est un puits sans fonds de soutien et d'amour, une terre québécois sous le ciel d'Afrique. Avec elles, je me sens bien, je me sens forte.

Et voilà. DEMAIN.

J'y suis. Mon Burkina au bout des doigts. J'ai si hâte d'y toucher.

__________

Et tiens donc, en terminant. Merci à ma famille et mes amis. Merci à tous pour vos beaux messages d'encouragement, pour votre amour inconditionnel.

Je me sens toute petite à travers tout ça. 5 pieds de vulnérabilité. Mais vous me rendez grande, et je vous en remercie.

À bientôt! Je vous aime.

Valérie

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire